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 Les Nez-Percés

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wolf-samantha
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MessageSujet: Les Nez-Percés   Sam 13 Mar - 20:19

Les Nez-Percés

Les Nez-Percés, Nimíipuu, sont une tribu amérindienne du groupe pénutien qui vivait dans le Nord-Ouest des États-Unis d'Amérique au moment de l’expédition de Lewis et Clark.

Le souvenir des Nez-Percés demeure intact à travers l'élevage et la sélection du cheval Appaloosa, originaire de la Palouse River, et leur résistance héroïque lors de leur fuite sur plusieurs milliers de kilomètres sous la conduite de Chef Joseph.

Les Nimíipuu occupaient un territoire d'environ 69 000 km² sur les plateaux du Nord-Ouest, entre les Bitterroot mountains à l'est et les Blue mountains à l'ouest, une zone englobant les bassins de la Clearwater et de la Snake River, à cheval sur les états actuels de Washington, Oregon, Idaho et Montana.

Les Nez-Percés et alliés constituent un groupe d'environ 14 000 personnes vers 1860 se répartissant en dix tribus : Nez-Percés, Cayuses, Umatillas, Walla Wallas, Yakimas, Spokanes, Cœur d'Alènes, Flatheads, Pend d'Oreilles et Kootenais.

Les tribus hostiles sont les Shoshones au sud et surtout les Blackfeet au nord-est.

La Terre Mère
Au milieu d'une plaine bordée de collines une ancienne ferme en ruine. Les bâtiments en bois sont effondrés, les fondations de pierre sont intactes. Ce sont des cairns d'un ancien lieu sacré d'une tribu qui vivait là. Les fermiers ont travaillé dur pour déboiser, creuser des puits d'irrigation. La terre étant épuisée ils sont partis plus loin vers d'autres terres à exploiter, vers des régions aurifères ou bien vers la ville pour grossir la masse des ouvriers qui travaillent dans les usines.

Ce simple cliché résume le fossé d'incompréhension qui sépare les colons des peuples autochtones.

La Roue de Médecine
Symbole de l'univers, c'est la forme parfaite, le début et la fin, l'existence universelle.

L'homme n'est pas au centre mais constitue un fragment qui ne peut se réaliser qu'en relation avec les autres possibilités du cercle, les autres êtres vivants qui le composent, animaux, plantes ou éléments naturels. Si on brise cet équilibre, on détruit sa propre existence. Pensée que l'on peut qualifier d'écologique et que l'on commence à percevoir dans notre civilisation matérialiste.

Du premier cercle Un et indivisible partent deux rayons, vertical et horizontal, qui divisent le Cercle en quatre parts égales. Ce sont les manifestations des quatre cycles du monde : les quatre saisons, les quatre moments de la journée (matin, après-midi, soir, nuit), les quatre phases lunaires, les quatre directions (nord, sud, est, ouest), les quatre âges de la vie (enfance, adolescence, maturité, vieillesse), ce sont les quatre voies du chemin de la réalisation de l'homme.

La réalité est une appréhension circulaire, la Roue renferme les quatre directions cardinales qui sont les énergies de la création. Il n'y a pas de ligne droite dans la nature, tout est rond, le soleil, la lune, les mouvements des astres, les nids d'oiseaux, les couches concentriques des roches, les cercles des ans de la formation des arbres. Les villages sont construits en cercles, de même que les teepees. Il n'y a que les blancs pour imaginer des lignes droites dans les villes, les maisons, les chemins, les rails ou les lignes de télégraphe et même dans l'alignement de leurs soldats.

Du centre peuvent partir d'autres rayons, la croix est la rencontre du Temps et de l'Éternité, le mouvement imprimé par le centre donne des segments rotatoires et la svastika qui en résulte symbolise le mouvement et la multiplicité.

Le Cercle aide à penser à l'Esprit qui n'a pas de fin, ce n'est pas qu'un symbole, c'est l'existence même de l'homme et sa raison d'être.

L'Arbre Sacré
Lien entre terre et ciel, il puise dans le sol la source de la vie et s'élève vers le ciel, représentation d'une vie qui se renouvelle.

Il a quatre significations : protection par son ombre, bois de construction et du foyer, nourriture par les fruits, croissance annuelle à comparer à celle de l'homme, plénitude car ses multiples feuilles sont attachées aux branches qui sont fixées au tronc qui redescend au centre.

Il représente le commencement et la fin de l'existence, le mystère du monde et de la vie, l'Ésprit.

Les Quatre Forces
Sont gouvernées par les quatre éléments qui constituent le monde, l'Air, l'Eau, le Feu et la Terre.

Les hommes sont poussés par le souffle de l'un des Quatre Vents, celui de sa période de naissance. Chaque Vent possède des caractéristiques qui conditionnent toute la vie de l'indien, comme l'on peut croire à une influence astrale ou zodiacale.

Est

C'est la renaissance et le renouvellement, associé aux personnes nées entre le 21 mars et le 20 juin. Le totem est l'Aigle qui vole près du soleil source de la vie, le symbole le Feu, la couleur jaune, la saison le printemps, le moment du jour l'aurore et le chiffre 1.

Les qualités qui lui sont associées sont la lumière, l'innocence, la joie, la pureté, la vulnérabilité.

Il y a une division en :

Période du Réveil, 21 mars - 19 avril dont le totem est le Faucon (équivalent au signe zodiacal du Bélier)

Période de Croissance, 20 avril - 20 mai, le totem est le Castor (signe du Taureau)

Période de Floraison, 21 mai - 20 juin, le totem est le Cerf (signe des Gémeaux)

Sud

C'est la sensibilité, le symbole est l'Eau, qui peut prendre différents aspects, calme, tempétueux, froid, vaporeux. Le totem est le Rat, la couleur rouge, la saison l'été, le moment du jour midi et le chiffre 3.

Les qualités sont la générosité, la passion, l'amour, le contrôle, la colère, la détermination.

Le vent du sud imprègne les natifs entre le 21 juin et le 21 septembre. Il y a trois périodes :

Période des Longues Journées, 21 juin - 21 juillet, totem le Pivert ( signe Cancer)

Période de Maturation, 22 juillet - 21 août, totem le Saumon (signe Lion)

Période de Récolte, 22 août - 21 septembre, totem l'Ours brun (signe Vierge)

Ouest

C'est la matière, symbolisé par la Terre, la couleur le noir, la saison l'automne le moment le coucher du soleil et le chiffre 2. Totem le Grizzly.

Les qualités sont l'humilité, la vision, le sacrifice, la contemplation, la volonté.

Le Vent d'Ouest des natifs du 22 septembre au 21 décembre est subdivisé en :

Période de la Chute des Feuilles, 22 septembre - 22 octobre, totem le Corbeau ( signe Balance)

Période des Gelées, 23 octobre - 21 novembre, totem le Serpent (signe Scorpion)

Période des Longues Nuits, 22 novembre - 21 décembre, totem Hibou (signe Sagittaire)

Nord

Symbolisé par l'Air, c'est l'intellect, l'esprit et la pureté. La couleur est le blanc immaculé, la saison l'hiver, le moment la nuit et le chiffre 4.

Le totem est le Bison.

Les qualités sont spirituelles, l'imagination, la justice, la pondération, la sagesse.

Ce sont les natifs du 22 décembre au 20 mars avec trois périodes:

Période de la Renaissance, 22 décembre - 19 janvier, totem l'Oie (signe Capricorne)

Période de la Purification, 20 janvier - 19 février, totem la Loutre (signe Verseau)

Période des Vents Violents, 20 février - 21 mars, totem le Loup (signe Poisson).

L'Homme Médecine
Il n'y a pas de tradition écrite, la transmission de la connaissance est orale. Les influences extérieures par des civilisations ou cultures différentes sont inexistantes, les voisins, amis ou ennemis fonctionnent sur un mode de pensée identique. Le monde est limité aux errances du nomadisme, le savoir consiste à préserver la survie au quotidien. La culture est naturelle et environnementale, très loin du matérialisme scientifique et du rationalisme occidental.

La survie n'est possible que par la cohésion du groupe, le futur n'est que du court terme, la vie très difficile et fragile, soumise à de très nombreux aléas. Les réponses aux besoins se font au quotidien, lieu de vie, nourriture, eau, bois, défense. Chaque famille pourvoit à sa propre existence, apprentissage de la vie, vêtements, chasse et conservation des aliments, cueillette, ustensiles et armes.

La notion de territoire ne se justifie que par un espace de subsistance alimentaire et de sécurité sans aucun lien avec une pensée de conquête territoriale inimaginable pour les indiens. C'est la terre des ancêtres avec ses lieux sacrés qui sont les fondements de l'union de la tribu.

Monde réel et spirituel sont intimement liés. Tout ce qui n'est pas compris est Esprit. La vie et la nature ne peuvent s'expliquer que par une intervention supérieure. Le monde invisible est calqué sur le réel du quotidien de manière anthropomorphique avec les sentiments de joie, de peine, colère et mansuétude, jalousie et autorité.

Quand douleur et infortune s'abattent la première question qui se pose est qui est responsable de ces évènements? Ce sont des esprits malveillants du monde invisible. La deuxième question est pourquoi ces forces dieux, esprits sont elles en colère ?

Les Esprits sont imaginés comme ayant une attitude hostile envers les humains. Les réponses sont identiques à celles de guerriers, il faut faire cesser cette attitude agressive par des exorcismes. Par exemple dans le cas de maladies on effraie le démon par des hurlements, menaces et grimaces, on le dérange à l'aide de fumigations ou bien on le chasse avec des amulettes ou par des incantations. Le simple individu ne peut parvenir seul au résultat, il faut une aide puissante et efficace d'une personne de savoir qui connait les sortilèges, le Chaman, l'homme Médecine, l'homme des Mystères, le Sorcier.

Les rites sont très codifiés et complexes. Certains que l'on peut qualifier d'élus ou de saints font le lien entre le monde ici bas et l'Esprit Supérieur grâce aux visions. Les Chamans, qui peuvent être des hommes ou des femmes sont des initiés qui savent entrer en contact avec le surnaturel pour le bien commun de la tribu.

Il est le rapport vivant avec l'au delà, le guérisseur, le conseiller de tous les maux de la vie, physiques ou psychologiques, il connait les plantes, faiseur de pluie, devin, prophète, grand prêtre ou guide.

C'est l'Esprit qui le choisit en lui envoyant une vision. Garant de la sécurité et de l'intercession des Esprits c'est un dignitaire plus important que le chef du village, c'est un guide spirituel, parfois chef de la communauté lui-même. Chez les Nez-Percés la charge peut être héréditaire.






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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   Sam 13 Mar - 21:46

Super merci Wolf

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Sur le chenmin où tu marches il n'y a pas d'étranger, seulement des amis que tu ne connais pas encore.

Wolakota
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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   Lun 15 Mar - 21:15

Les Villages
Avant la saison rude de l'hiver les différentes bandes qui s'étaient installées sur les hauts plateaux rejoignent les campements permanents situés dans les nombreux canyons de la Clearwater, Snake, et Salmon Rivers.

On évalue à une centaine le nombre de ces camps d'hiver. Chacun comprend une cinquantaine d'individus, hommes, femmes et enfants, un nombre plus important poserait le problème de l'alimentation de ces familles. L'habitation principale, parfois unique est constituée par une tente de 6m de large sur 30m de long en moyenne. Les dimensions pouvant varier en plus ou en moins selon le nombre de familles à héberger. Des foyers pour le chauffage et la cuisine sont espacés tous les 3m, chaque foyer permet l'entretien de deux familles de part et d'autre, l'évacuation de la fumée et l'entrée de la lumière se faisant par des ouïes.

L'hiver est le temps des retrouvailles et de la cohésion de la communauté. Un narrateur raconte des histoires et légendes aux enfants, les faits glorieux des guerriers, les chasses dans des territoires lointains, la création des Nimíipuu par Coyote, des histoires d'animaux. Une culture qu'ils peuvent contempler au quotidien.

Des abris sont réservés aux femmes pendant leurs menstruations, c'est là que vont les jeunes filles au moment de la puberté pour être instruites par des femmes. Les hommes ne peuvent s'approcher de ces lodges menstruels et doivent rester à distance de cri.

Lors de la venue d'un nouveau-né, le cordon ombilical est conservé et séché puis mis dans un petit sac de cuir pour accompagner le bébé comme porte bonheur. Ils sont installés dans des berceaux qui les protègent du soleil et du vent. Il est attaché sur le dos de la mère pendant les déplacements ou bien au pommeau de la selle.

Les grand-parents jouent un grand rôle dans l'éducation des enfants.

À la venue du printemps c'est la fin de la nourriture d'hiver, viande séchée, racines de camas, fruits secs. Pour les premiers légumes frais ils font une cérémonie et commencent la cueillette.

La grande fête c'est lors de l'arrivée du saumon, de la fin de l'hiver jusqu'à l'automne.

Ils arrivent de tout le territoire d' Alpowa et Wa-wa-wai, La-mah-tah, Ha-so-tin, Hawai et Lapwai, de la Kamiah Valley ou Tis-ai-ach-pa, ce sont les Nee-mee-poo, le peuple qui vit sur ces terres.

Ils pèchent avec des filets ou des épuisettes sur des plateformes dominant le courant.

C'est le temps de l'amitié, la nourriture est abondante, il y des rencontres avec les membres d'autres tribus, des trocs avec les Chinooks de la côte Pacifique, les Cayuses, Palouses et Walla Wallas des plateaux de la Columbia, les Yakimas et Spokanes venus du nord et même les ennemis Shoshones et Paiutes.

Ils font du commerce, échangent du poisson et de l'huile de saumon, achètent des paniers, des vêtements en cuir de daim ou de bison, des chevaux, des bijoux en cuivre, du dentalium, des perles. Ils jouent, chantent, dansent et font des rencontres en dehors du clan, le code des Nez Percés interdit le mariage consanguin. Ils se défient aux courses de chevaux, course à pied ou jeu de crosse. Ils échangent entre eux par le langage des signes ou un mélange des différents dialectes que les premiers blancs appelleront le Chinook.

Les modes et décorations se transmettent et se copient.

Un autre évènement très important est la cueillette des bulbes de camas par les femmes et les enfants, une jacinthe sauvage de couleur bleue qui pousse sur les collines de la Wallowa, utilisée grillée ou en poudre sous forme de soupe ou de pâte, que les membres de l'expédition de Lewis et Clark trouveront particulièrement indigeste.

Chaque bande est gouvernée par un conseil des anciens choisis pour leur sagesse et leur expérience. Ils aident le chef du village par leurs conseils, les décisions étant prises par consensus. Les qualités oratoires ont une très grande importance pour emporter la décision. Ceux qui ne sont pas d'accord quittent le campement pour se joindre à d'autres groupes. Par exemple si la décision est prise de lever le camp pour un autre endroit, un crieur parcourt le village pour annoncer la nouvelle. Chaque famille démonte son teepee, emballe les affaires et la nourriture dans des paniers de transport, selle les chevaux et équipe les travois sur les chevaux ou les chiens.

Dirigé par le chef, tout le village se déplace vers le nouvel emplacement. La solidarité étant essentielle pour la cohésion du groupe, les plus riches qui possèdent beaucoup de chevaux font un prêt à ceux qui n'en ont pas ou aident les plus faibles.

Plusieurs bandes peuvent se retrouver dans le même voisinage et entretiennent le lien social par des rencontres, réunions, fêtes ou mariages

Les Cycles de Vie
Le Calendrier Nez Percé :


Mois de la saison froide (Janvier) Wai-lu-pop

Mois des bourgeons qui gonflent (Février) Ah-la-tah-mahl

Mois des premières fleurs (Mars) La-te-tahl

Mois de la récolte des racines de Khae-kheet (Pomme de terre sauvage) (Avril) Ka-khee-tahl

Mois du pain de Kouse (famille du Lomatium, une ombellifère) (Mai) Ah-pah-ahl

Mois des premières remontées de saumon (Juin) Hil-lal

Mois de la remontée des saumons à dos bleu dans le lac Wallowa (Juillet) Khoy-tsahl

Mois quand le saumon fraie haut dans les montagnes (Août) Wa-wai-mai-khal ou bien Mois du temps chaud Ta-yum

Mois quand le saumon fraie dans le grand fleuve ou Mois du cri de l'élan (Septembre) Pe-khum-mai-kahl

Mois quand les feuilles deviennent jaunes (Octobre) Ho'plal

Mois de la chasse au daim (Novembre) Seekh-le-wahl

Mois quand la nouvelle vie commence pour les faons ou Début de l'hiver (Décembre) Ha-oo-khoy




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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   Lun 15 Mar - 21:24

Wéy-a-kin Médecine Individuelle
Un environnement très hostile, des éléments naturels parfois redoutables, les animaux sauvages, les tribus ennemies, les maladies, le temps de la faim, de la peur, de la survie au quotidien.

Pour résister à tous ces dangers, les indiens ont développé depuis la nuit des temps, comme tous les peuples primitifs et même ceux dits évolués ou modernes, la recherche d'une aide et d'une protection supérieure ou surnaturelle, un "ange gardien", pour pouvoir affronter la vie. Un gardien spirituel personnel infaillible et secret, le Wéy-a-kin, qui permet de pouvoir affronter les épreuves de la vie, apporte la santé, la force physique et celle de l'esprit, l'habileté à la chasse et à la pèche et même l'invulnérabilité au combat.

Ils ne peuvent trouver ces esprits tutélaires que dans leur environnement immédiat, le ciel, la lune, le soleil, les montagnes, les collines et les rivières, les étoiles, les plantes et les animaux, les arbres et les nuages, le vent, le tonnerre, la pluie ou la neige. Les Nez Percés croient que tous les éléments et les animaux sont habités de pouvoirs mystérieux. Ils leur prêtent des valeurs et les classent dans une hiérarchie de valeurs physiques ou spirituelles. Si ce gardien secret Wéy-a-kin est particulièrement puissant, le détenteur qui est en communion avec lui peut devenir Chaman ou Homme Médecine. Il a le pouvoir de faire des prophéties, de changer le temps, de diriger les cérémonies du gouvernement tribal, ou de soigner les malades en enlevant les esprits du mal, il peut également apporter la malédiction aux ennemis.

La quête du Wéy-a-kin est codifiée par l'usage. Le jeune garçon entre 9 et 12 ans, ou plus rarement une jeune fille, entreprend sa quête personnelle. Depuis leur plus jeune âge, les enfants sont éduqués par des valeurs morales et sens de l'effort. L'enfant quitte le village à la recherche d'un lieu, le sommet d'une colline, au creux d'un rocher ou près d'un lac. Il n'emporte pas de nourriture, juste quelques gorgées d'eau. Il s'installe à l'endroit choisi et construit un cercle avec des cailloux. Le néophyte s'assied au milieu, son regard dirigé vers le soleil levant. Tremblant de froid dans la nuit il se concentre sur le moindre bruit ou mouvement. Le jour venu son corps fait toujours face à la course du soleil. L'attente peut durer des jours et des nuits. Les bruits réels ou imaginaires, les cris des animaux, les éclairs dans la nuit en effrayent plus d'un qui retourne terrorisé ou malade au village. D'autres peuvent sombrer dans un sommeil hallucinatoire.

Pour ceux qui résistent, le Wéy-a-kin apparait sous la forme d'un oiseau blanc, d'un chevreuil bondissant, d'un renard qui mulote, d'un rayon de soleil à travers un nuage ou de branches qui ondulent au vent. Pour être compréhensible à l'enfant, le Wéy-a-kin doit prendre allure humaine sous la forme d'un chant, ou plutôt d'onomatopées, seulement compris par le chanteur et incompréhensible pour les autres.

Durant cette révélation l'enfant s'imprègne de tous les signes de la vision afin de porter des talismans et objets qui le garderont en relation avec l'esprit. Il pourra demander une aide directe en cas de grande nécessité ou bien par l'intermédiaire des rêves. De façon exceptionnelle il peut y avoir une deuxième quête pour renforcer l'esprit du Wéy-a-kin.

C'est une épreuve très forte pour les jeunes adolescents, la découverte et la vérité sur eux mêmes, le passage à l'âge adulte.

Les blancs appelleront médecine ce lien entre l'esprit et l'indien, une vraie force individuelle.

Pour ceux qui n'ont pas eu la vision, un parent proche peut leur donner un Wéy-a-kin. Si cela n'est pas possible, le malheureux est condamné à un avenir incertain au sein de la tribu et à la pauvreté. Il n'est pas imaginable de mentir ou de simuler avoir eu la vision. Les parents vont parfois faire un contrôle pour avoir les preuves du séjour de l'enfant. Le menteur est voué à la vindicte publique et pire le Wéy-a-kin qu'il a prétendu avoir trouvé peut se retourner contre lui.

Celui qui aura trouvé son esprit gardien ne dira rien de sa quête jusqu'à que, des années plus tard, ils se sente prêt à participer au Wee'kwetset, la danse de l'esprit gardien. Elle se déroule en hiver, sous la grande tente commune, sur décision du Chaman. Les gens revêtent leurs plus beaux habits et la danse commence après le coucher du soleil. Les danseurs suivent le rythme du battement des tambours, ils chantent et révèlent leur Wéy-a-kin par le chant appris lors de leur quête ou par des gestes énigmatiques compréhensibles seulement à eux seuls. Cela dure cinq jours, ensuite une autre bande prend le relais. Ils se déplacent de camp en camp, ce qui permet la cohésion de la tribu et d'établir une position dans la hiérarchie.

La Loge à Sudation
Selon une légende Nez Percé, Coyote inventa les saisons en ramenant Soleil à la vie dans une hutte à sudation.

Dans les temps anciens, le Soleil brillait tout le temps. C'était toujours l'été, il faisait très chaud, la terre était sèche et les gens malheureux. "Je peux faire quelque chose contre ça" dit coyote, "je vais prendre la place du Soleil". Il grimpa sur la plus haute colline et appela le Soleil, lui demandant de descendre mais le Soleil ne lui prêta pas attention et se dirigea vers l'ouest. Coyote sauta aussi haut que possible mais il ne put l'attraper. Il courut vers l'endroit où le Soleil était bas dans le ciel mais il était toujours hors d'atteinte. Coyote demanda alors à la grenouille de l'aider. "Je vais te lancer très haut dans le ciel et comme tes pattes sont collantes tu pourras attraper le Soleil et le ramener". "C'est une bonne idée" dit la grenouille et ils escaladèrent la plus haute montagne en attendant son passage. Coyote lança la grenouille aussi fort qu'il put et sachant que le voyage serait long il redescendit de la montagne en attendant la venue du Soleil sur la terre. Coyote alluma un feu et dès que le bois commença à brûler il le recouvrit de terre. Puis il planta des poteaux de teepee mais ne les recouvrit pas de peaux. Avec des branches de saule il fit une construction de loge à transpirer près de la rivière. Grenouille ramena la Soleil, Coyote était prêt et dit "mon ami je suis heureux que vous nous rendiez visite. Nos pères étaient très amis. Laissez moi vous montrer où ils étaient ensemble." Coyote lui indiqua les poteaux de leur teepee puis il gratta la terre pour découvrir les braises du dernier feu et lui montra l'armature de saule de la loge. "Ils devaient être de très bons amis" dit le Soleil. Confiant le Soleil accepta l'invitation de Coyote, ils chassèrent ensemble toute la journée et se reposèrent le soir. Coyote voulait tuer le Soleil avec son couteau mais il ne fermait jamais ses yeux. Rusé Coyote dit "quel est cet animal étrange là bas?", le Soleil détourna son regard et Coyote en profita pour lui couper la tête. Coyote avait pris le pouvoir du Soleil et il pouvait monter dans le ciel.

Jour après jour Coyote passait sur la terre, au début c'était amusant car il pouvait tout voir et découvrir mais à la longue cela devenait ennuyeux et fatigant. "Ce travail est trop dur, je dois ramener le Soleil à la vie", il redescendit sur la terre et prépara la loge à transpirer. Il traina le corps dans la loge et mit la tête sur les épaules, puis il chauffa la hutte. Quand cela fut très chaud Coyote sauta quatre fois par dessus le corps du Soleil et à la quatrième fois Soleil reprit vie."Je me suis bien reposé, mon travail est très dur" dit le Soleil. "C'est vrai" dit Coyote "et voila ce que vous allez faire à partir de maintenant. Tout d'abord il y aura une saison chaude où vous travaillerez longtemps, ce sera l'été, puis vous commencerez à vous reposer un peu pendant l'automne et vous ne travaillerez presque plus quand il fera froid en hiver. Vous recommencerez à travailler un peu plus chaque jour au printemps pour arriver à la grande saison de l'été."

C'est pour cette raison que les quatre saisons existent aujourd'hui.

Les bains de vapeur sont connus par de très nombreuses civilisations depuis la plus haute antiquité.

Chez les Nez-Percés les structures sont provisoire puisque ils se déplacent tout au long de l'année. Des pierres sont mises à chauffer dans un feu à l'extérieur puis transportées dans la loge qui est ensuite couverte de façon hermétique. Des plantes aromatiques médicinales sont déposées sur les pierres puis on verse de l'eau qui se dégage en vapeur.

Dans la pratique du bain de vapeur il y a un mélange de relation sociale, de thérapeutique, de rituel purificateur et régénérateur.

La Chasse
Le temps s'écoule en cycles de vie. Celui de la chasse est le plus important, il conditionne la vie et la survie de la tribu tout entière. Les chasseurs connaissent les comportements et lieux de regroupements. Arrivés à cheval sur le terrain de chasse, ils continuent à pied pour l'approche du gibier et pouvoir mieux se dissimuler. Ils peuvent se couvrir de peaux de bêtes et de cornes pour ne pas effrayer les animaux.

L'ours, Frère de l'Homme pour les indiens car parfois bipède, est rarement agressif en lui même selon les habitants du pays de l'ours. A condition de rester à distance raisonnable il continue de vaquer à ses occupations favorites, les baies, miel ou plantes de son choix. S'il se sent menacé parce qu'il est acculé dans un endroit sans issue de fuite, une femelle avec ses oursons ou bien à proximité d'une carcasse de gibier il va défendre son bien par une attitude agressive puis une simulation de charge jusqu'à venir à une distance très proche de l'intrus sans contact. Celui-ci n'a que la possibilité de se grandir en agitant les bras et de crier pour impressionner l'animal, en dernier ressort de se coucher sur le ventre en écartant les jambes pour ne pas se faire retourner et en se protégeant la tête avec les bras, tout en demeurant immobile. Bien que herbivore, l'ours ne dédaigne pas la viande. Il adore le poisson très riche et facile à attraper lors de la remontée du saumon. Il peut tuer un chevreuil, un daim ou un bison et de façon exceptionnelle s'il a décidé qu'un homme est son repas, il n'y a aucune issue pour la victime.

Sous son air débonnaire et pataud il peut courir aussi vite qu'un cheval au galop, grimper aux arbres et nager. Dépassant les 2m dressé sur ses pattes arrières et jusqu'à plus de 750kg pour les plus grands spécimens, une puissance extrême, des griffes et dents redoutables, tuer un grizzly ou un ours noir est particulièrement dangereux, souvent mortel, glorieux et valorisant, les griffes montées en collier rappellent à chacun le courage de celui qui porte ce témoignage.

Les petits animaux faisaient également partie du quotidien, lièvres, porc épics, dindons sauvages.

La chasse la plus recherchée est la chasse au bison. Un adulte mâle peut atteindre une tonne mais pour la nourriture ils préfèrent les veaux dont la viande est plus tendre avec des friandises telles que les reins, le foie, la langue, la cervelle ou les os à moelle.

La peau sert à confectionner des teepees, manteaux, d'hiver, literie, semelles de mocassins, gants ou boucliers, le cuir cru pour les cordages, parflèches, entraves et sangles de chevaux, les tendons pour les arcs ou la couture, la vessie sert au transport de l'eau, les os comme instruments ou bouillis pour fabriquer de la colle, les sabots comme récipients, la queue comme chasse-mouche, la bouse sèche comme combustible quand il n'y a pas de bois.

Le bien le plus précieux et de très grand prix est le cheval de chasse. Il a été choisi pour ses qualités de vitesse, de précision, de réaction et d'équilibre. Son entrainement est très poussé et long, la confiance et la communion doivent être totales entre homme et cheval. C'est sur lui que repose la vie du cavalier et par là même la survie de sa famille. Lors de la course au grand galop côte à côte avec le bison choisi par le cavalier il est capable de dégager au seul bruit de la flèche décochée pour éviter la chute de l'animal touché à mort.

Le cavalier quasiment nu, monte à cru pour ne pas alourdir avec le poids de la selle, les jambes sont enduites d'un produit collant pour ne pas glisser. Les deux mains occupées, il guide le cheval à l'assiette. Le fusil n'est pratiquement jamais utilisé car impossible à recharger par le canon au grand galop. L'arme de choix est l'arc, une flèche engagée, d'autres tenues entre les dents et dans la main qui tient l'arme. Il s'agit d'un arc de chasse, plus court que l'arc de guerre, avec une puissance d'impact et de pénétration énormes à faible distance. La lance est également employée ou bien la massue.

Avant la découverte du cheval, les Nez Percés ont connu le bison sur le flanc ouest des Rocheuses. Il y avait quelques troupeaux qui ont été décimés vers la fin du XVIIIe siècle par les indiens. La chasse se faisait par une approche à pied ou en rampant jusqu'à distance de tir ou bien encerclement par l'ensemble de la tribu dans une zone choisie, les animaux étaient soit bloqués dans un cul-de-sac et massacrés pour la plupart, soit affolés par les cris et précipités du haut d'une falaise.

Après leur disparition il était hasardeux d'aller chasser dans les grandes plaines. Le voyage très long ne permettait le déplacement que de petits groupes de chasseurs et de plus il fallait traverser le territoire des ennemis héréditaires les Blackfeet. Le cheval permettra ce déplacement de manière plus facile mais tout aussi dangereuse.




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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   Lun 15 Mar - 22:08

La Guerre
Partie intégrante de la structure sociale des tribus. Ce ne sont pas des conquêtes territoriales mais des raids et incursions dans les territoires des tribus ennemies qui maintiennent un état de guerre et d'insécurité permanents.

Elles participent au fonctionnement même de la société par l'accomplissement de rites signifiants. Les guerriers peignent leur visage et leur corps, leur cheval de combat, dansent avec leurs armes et entonnent des chants de guerre.

C'est le moyen pour les jeunes de s'affirmer dans la communauté pour leur bravoure et leur habileté et de devenir des guerriers dont on racontera les prouesses et les exploits lors des réunions. Cela permet aussi au chef de confirmer sa fonction et d'assoir son autorité par la sagesse et la justesse de ses décisions. Seuls des volontaires y participent. Ceux qui ne vont pas combattre ne sont pas déconsidérés pour autant, ils ont leurs raisons propres ou bien c'est une volonté du Grand Esprit qu'ils demeurent au village pour protéger les femmes et enfants des guerriers partis au combat.

À l'origine ce sont le plus souvent des querelles pour une femme, des terrains de chasse, des pillages avec vols de chevaux, source de grand prestige, ou capture de prisonniers, des vengeances privées.

Ce sont des conflits de courte durée. Il est plus glorieux de toucher son adversaire par un coup que de le tuer et inconcevable d'exterminer l'adversaire pour conquérir son territoire.

Les blancs apporteront des concepts différents quand ils impliqueront les indiens dans les guerres coloniales et leur apprendront même la pratique du scalp.

L'Élevage des Chevaux
Il semble que le cheval, le Chien mystérieux, ait été découvert par les Nez-Percés aux alentours de 1700–1730, soit lors d'échanges commerciaux avec les Shoshones ou lors de conflits contre leurs ennemis les Blackfeet (Piegans,Pikunis) lors du passage des Montagnes Rocheuses pour se rendre sur les terrains de chasse du bison dans les Hautes Plaines.

Au milieu du XVIII è siècle, les Nez-Percés étaient devenus un peuple cavalier.

L'environnement naturel est très favorable pour les pâtures et les besoins des chevaux. En altitude sous les forêts et sur les hauts plateaux, en été les terres sont riches et grasses avec des herbages très nutritifs. En hiver les troupeaux redescendent dans les vallées protégées où il y a peu de prédateurs. Les montagnes et précipices naturels quasi infranchissables qui ont protégé les tribus vont également favoriser le développement des troupeaux de chevaux à l'abri des raids des tribus hostiles.

La découverte du cheval va révolutionner la vie quotidienne avec le transport de charges plus lourdes lors des migrations, des techniques de chasse ou des raids guerriers vers des territoires éloignés.

Vers 1860 les Nez-Percés possédaient environ 20 000 chevaux et les Cayuses, Walla Wallas et Umatillas pas moins de 15 000.

Les Nimíipuu sont reconnus pour leur production équine. Au XIXe siècle, ils avaient obtenu par croisements successifs la race des Appaloosas afin de disposer de chevaux adaptés à leurs besoins. Les premiers à avoir remarqué ces chevaux colorés furent les trappeurs français près de la Palouse River, d'où le nom de cheval de la Palouse puis par déformation angliciste Appaloosa. De nombreux voyageurs ont été émerveillés par l'élégance de ces animaux et les méthodes de sélection des lignées.

En 1992, sous la houlette d'un Diné marié à une Nimíipuu, Rudy Shebala, ils entreprennent le Nez Perce Horse Program, énorme travail de sélection fondé sur le croisement d'Appaloosas et d’Akhal-Tekes, du Turkménistan et du nord de l'Iran, pour produire une nouvelle race distincte, les chevaux des Nez-Percés. C’est un programme de rénovation de l’élevage de chevaux des Nimíipuu, fondé sur leur tradition d’élevage et de sélection, détruite au XIXe siècle, notamment par le vol et le massacre de leurs chevaux par l'armée américaine. Ce travail est financé par l’Administration for Native Americans, le conseil tribal nimíipuu et une association à but non-lucratif, le First Nations Development Institute, sans compter le soutien de l’Appaloosa Horse Club (association internationale basée à Moscow, dans l'Idaho) et les efforts incommensurables de Rudy Shebala, dont le travail ne se limite pas aux équins, car il vise aussi à restaurer une meilleure condition sociale des Nimíipuu et, plus généralement, à faire preuve quotidiennement que l'on peut être « fier peau-rouge ». Un documentaire leur a été consacré par Laure Poinsot, intitulé Les Cavaliers du Mythe, n°7 : Les indiens Nez-Percés

La découverte
Dans les années 1760-1770, Les Nez Percés et les Salish avaient installé un campement dans une vallée des Bitterroot Mountains. Ils préparaient un raid contre leurs ennemis les Blackfeet et les Assiniboines. Mais le camp fut attaqué par les Blackfeet qui enlevèrent des femmes et des enfants et volèrent des chevaux. Une petite fille fut amenée vers le nord comme esclave. C'était le début d'une captivité qui allait durer plus de 30 ans.

Plus tard, elle fut troquée par les Crees qui l'emmenèrent vers l'est puis par les Chippewas.

Dans l'est, elle fut achetée par une famille de colons blancs qui la traitèrent de façon très correcte. Ils désiraient qu'elle retrouve son peuple.

Ils la confièrent au peuple Mandan Hidatsa Arikara. Ensuite les Crows la remirent aux Salish et elle put retourner enfin chez les Nez Percés.

C'était vers 1804. On lui donna le nom de Wat-ku-ese ("Celle qui a été perdue et retrouvée"). Elle raconta sa longue histoire et dit que très loin vers l'est il y avait un peuple très puissant à la peau claire, des cheveux sur le visage (la barbe), une couronne avec des bords sur la tête (le chapeau) et ils lui avaient même sauvé la vie. Elle les appelait So-yap-po.

Pour les indiens, elle semblait avoir perdu la raison car ces choses là n'existent pas...quelques mois plus tard les étranges créatures décrites par Wat-ku-ese faisaient leur apparition au pays des Nez-Percés, c'étaient les membres de l'expédition de Lewis et Clark.

Le témoignage de Wat-ku-ese en faveur des blancs explique en partie l'accueil amical fait par les indiens.

Étant donné leur état sanitaire déplorable les indiens leur donnèrent un autre nom Pai-yo-it ("Celui qui sent mauvais") et ils seront encore plus surpris quand les blancs achèteront des chiens pour les manger, ce qui semblait impensable vu la quantité de poisson à portée de main dans les rivières.

Le président Thomas Jefferson commande une expédition vers l'ouest pour atteindre la côte Pacifique, c'est une mission scientifique, de prospection commerciale et territoriale ayant pour but des relevés cartographiques, la connaissance des peuplades inconnues, les découvertes botaniques et l'évaluation des animaux à fourrure.

Le 20 septembre 1805, trois enfants indiens d'un village au bord de la Clearwater s'enfuient et courent se cacher à la vue d'hommes blancs hirsutes, sales, épuisés et affamés qui pénètrent pour la première fois sur le Territoire des Nez-Percés.

Ils sont accueillis, hebergés, et nourris par les Indiens. Ils rencontrent ensuite le Chef Twisted Hair.

Pendant les 30 années qui suivront le passage de l'expédition de Lewis et Clark, des aventuriers faisant le commerce des fourrures et des trappeurs viendront explorer la région du nord ouest apportant des produits manufacturés et des fusils qui renforceront la puissance des Nez-Percés.

Les blancs font venir des trappeurs de l'est pour piéger le castor. Une certaine rancoeur s'installe parmi les indiens contre ces blancs qui n'ont rien à voir avec Lewis et Clark.

A partir de 1830 la mode et l'engouement en Europe pour les chapeaux à base de poils de castor décline au profit de la soie d'extrême orient et la demande diminuant, nombre de Moutain Men vont quitter les territoires de chasse souvent aussi pauvres que lors de leur arrivée pour se reconvertir dans l'élevage, l'agriculture ou guides pour l'armée comme Kit Carson ou Jim Bridger.

Alors au faite de leur puissance et libres, le peuple Nez-Percé va bientôt croiser le chemin d'évangélistes intégristes qui voudront leur imposer le salut de leur âme, des colons fermier qui accapareront les terres, des chercheurs d'or qui les chasseront de leurs vallées, du gouvernement qui ne tiendra aucune promesse et de l'armée qui les forcera dans des réserves. Ce sera le début de la perte de leur identité, de leur liberté et une lente et inexorable descente aux enfers jusqu'au point final en 1877.

Le Trade and Intercourse Acts rempli de bonnes intentions chrétiennes n'aura été qu'un bout de papier sans valeur, le précurseur des traités à venir qui ne seront pas davantage respectés.

En 1832, le Capitaine Nathaniel J. Wyeth visite les Nez-Percés et rapporte que « depuis qu'ils ont adopté l'habitude d'observer le Jour du Seigneur chrétien leur moralité est probablement meilleure que ce que l'on peut rencontrer partout ailleurs dans le monde, en maintenant la communauté soudée. Ils sont gentils, dociles et honnêtes

Ils gardent un lien durable entre mari et femme avec autant de constance que chez les blancs. Il note également que les Chamans ont ajouté quelques idées chrétiennes à leurs pratiques mais ils restent "les maitres spirituels de leur peuple dans les affaires de surnaturel"

Les indiens ont la conviction que les missionnaires veulent leur disparition.
Pour Chief Lawyer et les autres Nez-Percés, il devient de plus en plus évident que les hommes blancs veulent coloniser toutes les terres.




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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   Lun 15 Mar - 22:09

L'arrivée des colons

Le 16 mai 1842, le premier convoi de 100 colons et 18 charriots sous la direction du Dr Elijah White quitte Independance dans le Missouri pour rejoindre l'Oregon. La Piste de l'Oregon (Oregon Trail) inaugure la conquête vers l'Ouest pour des milliers de colons cherchant à s'installer sur les terres au delà des Rocheuses. Elle traverse les Grandes Plaines, les Rocheuses et la Région du Nord Ouest, pays des Sioux, Cheyennes, Blackfoot et Nez-Percés entre autres.

Les tribus indiennes des plateaux s'inquiétent de ces nouveaux arrivants, de leur appétit sans bornes pour l'acquisition des terres et des maladies qui les accompagnent, provoquant des épidémies redoutables pour les populations qui n'avaient jamais été en contact avec elles.

Aidé de deux interprètes, White réussit à faire accepter une entente entre les Nez-Percés et les blancs. Les négociations amènent à l'élection comme Grand Chef de Ellis, un cousin de Chief Lawyer, représentant les intérêts des Nez-Percés.

Au printemps suivant, les autres tribus signent le pacte. En 1843, près de 1 000 immigrants traversent les territoires sans être inquiétés.

La révolte 1847 :
Une épidémie de rougeole fait des ravages parmi les Cayuses. Les indiens pensent que les blancs veulent les empoisonner.

En novembre 1847, le couple White et 15 colons sont assassinés par des guerriers Cayuses dans la mission de Wai-i-lat-pu, 53 femmes et enfants sont retenus prisonniers. Pour échapper au danger immédiat, Spalding et sa famille de la mission de Lapwai ainsi que les prisonniers libérés sont accompagnés sous protection des Nez-Percés jusqu'à la vallée de la Willamette, à Fort Walla Walla.

Une troupe armée commandée par le Colonel Gilliam avec cinq négociateurs présents pour faire savoir aux tribus que seuls les coupables seront punis et qu'il ne s'agit pas d'une vengeance contre les tribus innocentes.

Les coupables sont arrêtés et pendus en 1853.

Le Territoire de Washington est créé en 1853. Le premier gouverneur, le General Isaac Stevens, a l'autorisation du gouvernement de traiter avec les indiens. Il est convaincu que seules les réserves sont la solution pour séparer les blancs des indiens et éviter les conflits inter-ethniques. Les réserves sont bien entendu réduites car les colons affluent de plus en plus nombreux, la plupart sont des agriculteurs qui viennent dans l'espoir de trouver des terres à défricher.

Le traité de Walla-Walla 1855 :
Les sages parmi les tribus ont conscience qu'un conflit armé direct ne peut que les amener à tout perdre. Au mois de juin 1855 il y a un grand conseil à Walla Walla entre une délégation des Nez-Percés et les représentants du Territoire de Washington. Chief Lawyer, le Grand Chef des Nez-Percés nouvellement élu, est accompagné de deux Grands Chefs, 25 Chefs et 600 guerriers.

Chief Lawyer est prêt à accepter la création d'une réserve. Les autres chefs Young Chief (Cayuse), Pio-Pio-Mox-Mox (Walla Walla) et Kamiakin (Yakima) sont dubitatifs. Looking Glass était parti pour un raid contre les Blackfeet, c'est en son absence que Chief Lawyer fut élu Grand Chef. Second dans la hiérarchie après Chief Lawyer, Looking Glass invective les Nez-Percés en brandissant un scalp de Blackfoot (« Mon peuple, qu'as-tu fait ? Pendant mon absence tu as vendu ma terre ») dans le but de déposer Chief Lawyer. Les Nez-Percés restèrent toutefois fidèles à Chief Lawyer.

Averti d'un complot contre le Gouverneur Stevens, Chief Lawyer déménage son tipi et sa famille dans le campement des blancs pour affirmer qu'ils sont sous sa protection. Certains auteurs mettent en doute cette version des faits et penchent plutôt pour une ruse de Chief Lawyer afin de s'attirer la complaisance du gouverneur Stevens et obtenir un territoire plus grand pour son peuple.

Chief Lawyer était prévoyant, prospectif et ambitieux. Ayant une connaissance de la culture des blancs, il savait qu'un conflit direct avec eux entrainerait la défaite et l'humiliation des indiens et que tout devait être fait pour négocier et trouver une solution honorable. Le 11 juin 1855 toutes les tribus du Conseil de Walla Walla signèrent le traité.

Dès le départ d'Isaac Stevens vers le pays des Blackfeet, les Yakimas déclarent la guerre en assassinant un agent. Les Nez-Percés refusent cette offensive et assurent la protection du gouverneur. Le Fort Walla Walla est attaqué, pillé et les défenseurs massacrés. Le Chef Walla Walla Pio-Pio-Mox-Mox est tué lors d'un affrontement avec les troupes de l'Orégon.

Chief Lawyer conservera des bonnes relations avec les blancs, fera des voyages fréquents à Portland et sera reçu par les représentants officiels de la communauté blanche jusqu'à sa mort en 1874.

Old Chief Joseph a aidé les Américains pendant la guerre contre les Yakimas (1855–1857). Il commence à se détacher de la religion chrétienne pour revenir aux coutumes ancestrales et sa méfiance envers les blancs devient de plus en plus marquée.




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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   Ven 19 Mar - 21:28

La découverte de l'or 1860

Ses craintes se confirment en 1860 lorsqu'on découvre de l'or sur le territoire des Nez-Percés suivi d'un afflux massifs de chercheurs d'or et d'aventuriers.

Le traité de Lapwai 1863 :
En 1863, le Gouvernement américain réduit par le Traité de Lapwai la surface de la réserve à 10 % de ce qu'elle était lors du traité de 1855. De plus, les terres ancestrales symboliques de la vallée de la Wallowa ne font plus partie de la réserve. La tribu des Nez-Percés se scinde en deux factions, ceux qui ne veulent pas s'opposer au traité, en général des indiens chrétiens, et ceux qui s'opposent au traité qu'ils appellent le Traité du vol, les indiens revenus aux valeurs religieuses et croyances ancestrales. Old Chief Joseph fait partie de ces derniers et déchire le traité et la Bible que lui avait offert le missionnaire H. Spalding.

Les rapports deviennent de plus en plus confus, tendus, conflictuels. De nombreux conseils annulent les décisions du précédent, la Wallowa Valley étant au centre des débats, elle est réintégrée dans la réserve. Old Chief Joseph meurt en 1871 et c'est son fils Chief Joseph qui lui succède.

Puis en 1875 une décision du gouvernement annule l'acte et la Wallowa Valley est à nouveau ouverte aux colons. Les Indiens deviennent des étrangers sur leurs propres terres.

La guerre de 1877 : la Poursuite des Nez-Percés :
Le desespoir, le déclin inexorable et la situation sans issue devant laquelle se trouvent toutes les tribus par la pression et l'incompréhension des blancs se résume dans l'émouvant plaidoyer de Dent d'Ours, chef Crow, à Fort Laramie le 12 novembre 1867, discours tenu devant les représentants de la Commission de Washington et dont les paroles ont été rapportées par le français L. Simonin qui était présent.

"Pères, au printemps dernier, j'étais au pied de la montagne Big Horn et l'un de vos jeunes hommes m'a dit que vous viendriez nous visiter. Mon Père Blanc (le Président des Etats Unis) me demandait de faire une partie du chemin. J'hésitai car j'étais loin, bien loin, mais à la fin je decidai de me mettre en route.

Pères, je suis parti de Fort Smith (720 km). Je suis très pauvre, j'ai faim et j'ai froid. Nous n'avons trouvé en route ni bison, ni bois et pas d'eau. Regardez-moi, vous tous qui m'écoutez, je suis un homme comme vous. Nous sommes tous un seul et même peuple.

Pères, Pères, Pères, écoutez-moi bien. Rappelez vos jeunes hommes de la montagne Big Horn. Ils ont courru par le pays, ils ont détruit le bois qui poussait et le gazon vert, ils ont incendié nos terres. Pères, vos jeunes hommes ont dévasté la contrée et tué nos animaux, l'élan, le daim, l'antilope et le bison. Ils ne les tuent pas pour les manger, ils les laissent pourrir où ils tombent. Pères, si j'allais dans votre pays tuer votre bétail, que diriez-vous? N'aurais-je pas tort et ne me feriez-vous pas la guerre?

J'ai appris que vous aviez envoyé des courriers aux Sioux, mais les Sioux m'ont dit qu'ils ne viendraient pas car vous les aviez trompé une fois. Ils m'ont dit aussi : "Ah! les Pères blancs vous ont appelé et vous allez les voir. Ils vous traiteront comme ils nous ont traités! Les Pères blancs séduiront vos oreilles par d'agréables paroles et de douces promesses, qu'ils ne tiendront pas. Allez et voyez-les. Ils se moqueront de vous!". J'ai laissé dire les Sioux et je suis venu vous visiter.

Pères, Pères, je ne suis point honteux de parler devant vous, le Grand Esprit nous a fait tous, mais il a mis l'Homme Rouge au centre et les Blancs autour. Faites de moi un indien intelligent. Ah! Mon coeur déborde, il est plein d'amertume. Tous les Crows, les vieux chefs des anciens jours, nos aïeux, nos grands-pères, nos grands-mères, nous ont dit souvent : "Soyez amis des Visages Pâles parce qu'ils sont puissants". Nous, leurs enfants, nous avons obéi. Et voici ce qui est arrivé!

Un jour sur la Yellowstone River, trois fourgons campaient. Il y avait là trois hommes blancs et une femme blanche. Quatre Crows vinrent à eux et leur demandèrent un morceau de pain. Un des hommes blancs prit un fusil et tira. Cheval Alezan, un chef, fut atteint et mourut.

Il y a quelques temps j'allais au Fort Benton, car nous avions eu, nous aussi, des torts. Mes jeunes hommes avaient tiré par erreur sur des blancs. J'en demandai pardon au chef blanc. Je lui donnai neuf mules et soixante robes de bison en expiation du mal que nous avions fait. C'est ainsi que je payai pour nos torts.

De là j'allais au Fort Smith sur la Big Horn River et j'y trouvai les blancs. Je me présentai pour toucher la main aux officiers mais ils me répondirent en me mettant les poings sur la figure et en me jetant à terre. C'est ainsi que nous sommes traités par vos jeunes hommes.

Pères, vous m'aviez parlé de bêcher la terre et d'élever du bétail. Je ne veux pas qu'on me tienne de tels discours. J'ai été élevé avec le bison et je l'aime.

Depuis ma naissance, j'ai appris comme nos chefs, à être fort, à lever mon teepee quand il est besoin et à courir à travers la prairie selon mon bon plaisir. Ayez pitié de nous, car je suis fatigué de parler."

Pour les Nez-Percés aussi, cela va être le commencement de la fin.

En 1877, l'armée exige que ceux qui n'ont pas signé le traité quittent la Wallowa Valley pour rejoindre la réserve de Lapwai dans un délai de 30 jours.

Les événements, meurtres et agressions vont déclencher ce que l'on nomme la Guerre des Nez-Percés de 1877 et leur long périple qui les conduira à la défaite, l'humiliation et la quasi disparition de leurs troupeaux.

Cependant, des voix peu nombreuses et même de militaires américains, s'élèveront contre cette injustice meurtrière et aveugle. Cette épopée inimaginable avec son cortège de drames, de douleurs, d'héroïsme et parfois de légende deviendra au fil des années le symbole de la lutte désespérée d'un peuple pacifique pour le simple droit à l'existence, incarné en la personne de Chef Joseph.

Pour comprendre une partie de l'opinion publique et l'état d'esprit au sein de l'armée américaine quant aux solutions à apporter au problème des sauvages il faut se rappeler que l'année précédente, le 25 juin 1876 le lieutenant-colonel George A. Custer et une grande partie de son 7è de Cavalerie ont été anéantis à Little Big Horn. Cette défaite cuisante sera transformée en mythe du héros américain et en une résistance héroique face aux hordes sanguinaires, "The last stand". Celà va amener à des solutions plus radicales et contraignantes pour les tribus qui doivent être parquées dans des réserves inadaptées à leur mode de vie, perte de leur liberté, de leur identité et totale dépendance vis à vis du gouvernement et des agences aux affaires indiennes, la fin d'une civilisation plus que millénaire, incomprise et incompréhensible aux nouveaux colonisateurs.

Les sources bibliographiques sont nombreuses sur cet épisode dramatique des Nez-Pecés, et l'on peut retenir deux témoignages de participants, souvent contradictoires, les souvenirs du Général Howard qui a dirigé la poursuite et ceux de Yellow Wolf, un guerrier Nez-Percé parent de Chef Joseph. Les souvenirs ont été recueillis devant d'autres survivants qui pouvaient corriger des oublis de Yellow Wolf.

Le général Howard montre les fusils :
En 1877, installés dans les vallées, les Nez Percés vivent en paix de l'élevage des chevaux et du bétail.

Un ordre conjoint du général Howard et de l'agent Monteith leur intime l'ordre d'abandonner le territoire pour rejoindre une autre réserve et faire place à une campagne de colonisation. Ils doivent se joindre aux Nez-Percés convertis au christianisme, la bande des Nez-Percés d'en haut. Ceux-ci sont accusés par les Nez-Percés d'en bas,traditionalistes, d'avoir bradé les terres lors du Traité de Lapwai en 1863, d'être complices des malversations des blancs et d'avoir signé seuls le Traité du vol avec les blancs malgré l'opposition des chefs d'en haut. On peut noter que, bien que l'on retrouve dans le traité, la signature, une croix, du chef d'en bas Waptastamana, celui-ci a toujours nié avoir donné son accord.

La tribu réunit son grand conseil à Umatilla au milieu des querelles. Le chef Ollokot et d'autres viennent pour rencontrer le général Howard mais celui-ci est absent et a délégué un jeune homme, le Lieutenant Boyle, pour le représenter. Les chefs sont furieux de ce manque de considération et ils quittent les lieux.

Un autre conseil est fixé à Walla Walla et une convocation envoyée aux principaux chefs, Chef Joseph (Heinmot Tooyalakekt), Ollokot, White Bird (Peo Peo Hihhih), Toohoolhoolzote, Looking Glass et Hahtalekin. Chef Joseph est malade et ne se rend pas au conseil, Ollokot présente ses excuses de fort élégante manière selon le général Howard lors de son arrivée au conseil [52]. Les palabres durèrent près d'une semaine, en résumé le Gouvernement veut que tous les Nez Percés soient réunis en un même endroit.

Le général Howard et l'armée vont prendre leurs quartiers au Fort Lapwai et tous les chefs viennent pour rencontrer le général et l'agent aux affaires indiennes Monteith. Dès leur arrivée le général demande à Chef Joseph ce qu'il a à dire. Celui-ci lui répond qu'ils sont venus pour écouter et de ne pas se presser car White Bird et Toohoolhoolzote, retardés, ne seront là que le lendemain. Impatient, le général Howard exige que les Nez-Percés aillent s'installer dans une petite réserve à Lapwai selon la décision du Gouvernement lue par Monteith et que s'ils font opposition c'est l'armée qui les y mènera de force. Les débats durent des jours, les chefs argumentent sur la terre des ancêtres, qu'ils sont chez eux et qu'ils ont accueillis les blancs en frères, on ne peut exiger quoi que ce soit sur leur propre territoire et que les blancs n'ont qu'à retourner d'où ils viennent et les laisser vivre leur vie comme ils l'entendent. Le général Howard n'a qu'une seule réponse, ils doivent quitter la région pour la réserve dans les 30 jours de gré ou par la force de l'armée. Il fait enfermer le chef Toohoolhoolzote qui lui tient tête. Incompréhensible pour les indiens de faire acte de force et d'agression lors d'un conseil de paix, cela équivaut à montrer les fusils. Dans l'esprit de beaucoup la décision de faire la guerre est prise et imposée par le général Howard.

Cependant avec sagesse et réalisme les chefs donnent l'ordre à la tribu de rassembler les troupeaux et le bétail pour le départ. Le rassemblement, environ 600 personnes dont moins de 120 guerriers, se fait à Tepahlewam près de Tolo Lake. Ils ne veulent pas faire la guerre.

Le déclenchement des hostilités : 13 juin :
Chef Joseph et quelques membres de son clan repartent récupérer le bétail au sud de la Salmon River, au delà des Buzzard Mountains.

Mais les esprits sont échauffés parmi les jeunes guerriers qui veulent en découdre après l'affront fait à leur porte parole mis en prison, les menaces du général Howard et les haines de vengeance contre le blancs. En effet sur la réserve les meurtres d'indiens sont nombreux de la part des chercheurs d'or ou des colons et demeurent toujours impunis. L'une de ces victimes était le chef Eagle Robe (Tipyahlanah Siskon) qui vivait au bord de la Salmon River. Un blanc, Larry Ott, est arrivé en 1875 et lui demanda de s'installer, Eagle Robe lui offrit un lopin de terre où il construisit sa maison. Puis il prit de plus en plus de terrain. Eagle Robe voulut s'opposer sans armes à cette invasion et le blanc le tua avec son révolver 6 coups. Son fils Crossing (Wahlitits), jeune adolescent assista à la scène du meurtre.

Deux ans plus tard en 1877 il fait partie des plus impétueux guerriers et avec deux jeunes cousins ils décident de venger la mort du père. Mais averti des menaces, Larry Ott a fui. Leur colère se tourne vers un autre blanc, Richard Devine, qui avait été violent en envoyant ses chiens contre des indiens, le tuent et volent un cheval qu'ils ramènent au camp. C'était le 13 juin 1877.

Le signal de la déclaration de guerre.

Chief Joseph et Ollokot sont avertis de l'incident et reviennent au camp qu'ils trouvent vide, à part une trentaine de guerriers du clan de Chief Joseph qui les attendent. La tribu est partie vers Cottonwood Creek. Wahlitits et quelques guerriers repartent pour se venger et tuer des blancs.

Le général Howard ne veut pas de guerre si les trois meurtriers sont livrés et jugés, il laissera la tribu repartir. Ils ne seront jamais dénoncés et ce jusqu'à la mort du dernier d'entre eux en XXX

Mais les premières escarmouches ont déjà commencé, des morts des deux côtés.

Les chefs tiennent conseil, Looking Glass ne veut pas la guerre et part avec son clan des Asotains vers son camp de White Bird Canyon. Les autres chefs et leurs clans partent dans la même direction.

La réddition : 6 octobre





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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   Mer 5 Sep - 21:04

de trés belles photos d'époque.
et un post qui résume l'essentiel sur la vie et l'histoire de cette admirable peuple.
mom roman parle d'un viel homme Nez- percés, et sa rencontre sur un paquebot avec une petite fille .il va lui raconter 80 ans de sa vie et de son peuple.

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MessageSujet: Re: Les Nez-Percés   

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