le bâton de paroles

Protection de l'environnement et des êtres vivants
 
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 Les Kayapo

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Nénakohe
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MessageSujet: Les Kayapo   Dim 2 Aoû - 10:13



Amazonie : Le peuple oublié des Kayapo




Cet article a été réalisé grâce à l'interview de Rafael Pessoa Sao Paio, ethnologue Brésilien, traduit par Marie-Emmanuelle Tugler.






La dénomination Kayapo regroupe de nombreux sous-groupes comme Kayapo Gorotire, Xicrin, Metuktire, Kuben-Kran Ken, Txcucaramae... qui vivent sur des territoires indigènes dans les états brésiliens du Para et du Mato Grosso.
Les Kayapo comme toutes les communautés indigènes ont un rapport étroit avec la nature qui les entoure. Selon leur vision de l'univers, tous les êtres vivants, le cosmos, les plantes, l'eau, les animaux... sont intimement liés et forment un tout indissociable. Chaque être vivant n'existe qu'à travers le maintien de cette relation.
Nous ne pourrons assurer la continuité de notre vie et de la biodiversité qu'en maintenant toute la planète équilibrée. Les insectes et les oiseaux par exemple sont essentiels pour assurer la dispersion et la fertilisation des plantes et des arbres. Les peuples amérindiens d'Amazonie expriment leur compréhension de cette relation avec la nature à travers leurs peintures corporelles, leurs rituels et leur vie quotidienne qui consiste à puiser sans épuiser. Pour les Kayapo, tous les indiens sont Mebengokre qui signifie dans leur langue: peuple venu de l'eau.
Dans la culture Kayapo, l'élément eau est célébré à travers un très grand rituel d'initiation au cours duquel ils vont prouver leur résistance. Ce rituel se termine par une grande pêche à la nivrée qu'ils réalisent en utilisant des racines capables de réduire momentanément la quantité d'oxygène présente dans une partie de la rivière afin de permettre la capture d'une grande quantité de poissons.
Leurs rivières, essentielles à leur survie et à celle de leur environnement, furent menacées il y a une dizaine d'années par les chercheurs d'or qui utilisent le mercure et mettent en péril la population et tout l'écosystème. Malgré les efforts entrepris pour mettre fin à ce fléau, des invasions illégales de chercheurs d'or subsistent dans certaines zones de leur territoire. Elles s'ajoutent aux pénétrations illégales des exploitants de bois et des éleveurs de bovins.

Protéger la forêt, c'est préserver une pharmacie non répertoriée





Le savoir botanique des Kayapo est extrêmement développé sur la plupart des espèces végétales dont recèle leur territoire. Sucupira, Copaiba, Urucum, et aussi herbes contraceptives et antidotes.... sont quelques exemples de plantes médicinales utilisées par cette ethnie. Les Kayapo ont travaillé dans le passé avec l'ethnologue américain Darrel Posey et le Musée Emilio Goeldi de Belém à la description et la classification de leurs connaissances. Plusieurs Kayapo dont le shaman José Yté Kayapo, ont décrit l'utilisation qu'ils faisaient de ces plantes botaniques. Ce chercheur a développé un travail brillant avec cette ethnie pendant plus de vingt ans.
Malheureusement, avec la mort de Darrel Posey les recherches se sont arrêtées. Pedro Paulo Kayapo, (présent en France du 19 au 30 mai 2005) fils du shaman José Yté Kayapo cherche aujourd'hui à reprendre les recherches et à retrouver le travail descriptif déjà fait.
Cependant, pour continuer, il est nécessaire de trouver des ressources financières et de susciter l'intérêt du Gouvernement pour protéger ce savoir et pour investir dans des projets de recherches qui impliquent ethnobotanistes et indigènes afin d'aboutir à des résultats pratiques qui vont au-delà des publications. Le travail des chercheurs permet de prouver les principes actifs et de classifier les effets des plantes. Les Kayapo pensent notamment que le remède contre le SIDA est dans la grande forêt amazonienne. Ils souhaitent développer un projet de laboratoire botanique sur leur territoire.
Il est fondamental de monter un programme entre les indigènes, les chercheurs, le Gouvernement et les Universités et d'établir des conventions de divulgation et de protection afin de lutter contre la biopiraterie et la destruction de cette biodiversité. Rappelons, que si le Gouvernement Brésilien a pu porter plainte contre le brevet déposé sur la plante Ayahuasca c'est parce qu'elle avait déjà été reconnue officiellement comme native du territoire Brésilien.
Cet appel est d'autant plus pressant que le Gouvernement commence à ouvrir un espace de discussion pour les Indiens. Au mois d'avril dernier, période à laquelle on fêtait traditionnellement le jour de l'Indien, plus de 70 ethnies se sont réunies à Brasilia pour une série de rencontres avec les Ministres de l'Education, de la Santé, de l'Intérieur, de la Justice, de l'Agriculture etc. pour exposer leurs insatisfactions et leurs appels.
Malheureusement la plupart de ce qui fut conclut sur un document du Gouvernement Fédéral en termes de changements nécessaires pour la protection des territoires indigènes, la préservation de leur santé et leur éducation, se heurte aux désaccords et aux conflits d'intérêts économiques des Etats Fédéraux.

Territoires indigènes en péril malgré la constitution brésilienne





La question de l'invasion illégale des terres indigènes et de la destruction de l'écosystème par les compagnies minières, les exploitants de bois, les éleveurs de bovins et les colons de toutes sortes fait partie des plus grandes préoccupations de très nombreux groupes indigènes.
Les textes juridiques en vigueur pour démarquer les territoires indigènes brésiliens afin de leur reconnaître officiellement un espace de vie suffisant pour se nourrir et se soigner, sont inscrits dans l'article 231 de la constitution brésilienne de 1988 et par le décret 1775 de 1996 . Le processus est le suivant: Un territoire traditionnel est d'abord délimité avec les populations, puis après de nombreux débats ce territoire ou partie de ce territoire est démarqué et ensuite homologué et enregistré.
La survie des populations traditionnelles dépend d'un projet concret, à ce jour inexistant faute de volonté politique et de moyens financiers, pour lutter efficacement contre les invasions illégales.
Plus d'information sur les populations indigènes et leurs territoires sur le site en portuguais : http://www.artedomito.com et sur les différents liens existants sur ce site.

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MessageSujet: Re: Les Kayapo   Dim 2 Aoû - 11:11

Kwé encore des pauvres populations qu'on veut exploiter et réduire pour la rentabilité et l'enrichissement de certains Sad au mépris de toutes les lois de la nature scratch quelle tristesse notre monde Rolling Eyes Wolf

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MessageSujet: Re: Les Kayapo   Dim 2 Aoû - 15:17

Les Indiens kayapo s'opposent à un vaste projet de barrages


Les Indiens
kayapo mebegokre sont déterminés à empêcher la construction de cinq
barrages le long du fleuve Xingu, en Amazonie. Deux cents Kayapo se
sont récemment réunis pour discuter de ce projet qui, selon eux, aura
un impact dévastateur sur l'environnement et inondera une grande partie
de leurs terres.

De nombreux Kayapo ont manifesté leur préoccupation et leur colère du
fait que le gouvernement et la compagnie d'électricité Eletronorte
soient restés silencieux sur ce projet et qu'ils aient bafoué la
Constitution brésilienne en ne consultant pas les communautés qui
seraient touchées si ce projet voyait le jour.

En 1989, les Kayapo avaient organisé une très grande réunion à Altamira
pour protester contre un projet similaire. Ils réussirent à stopper la
construction de barrages en attirant l'attention des médias du monde
entier et en recevant un très large soutien international.

Confrontés de nouveau à un scénario identique, les Kayapo mettent en
place des alliances locales et régionales. L'organisateur de la
rencontre, Megaron Txukarramae, a déclaré : ‘Nous appelons tous
les habitants de la vallée du Xingu à nous rejoindre dans une
manifestation d'envergure à Altamira pour protester contre le barrage
de Belo Monte et tous les autres que Eletronorte a l'intention de
construire dans la vallée et pour exiger la protection et le
développement de nos propres sources de production, de nos cultures et
de nos communautés'.

Déclaration des Kapayó mebegokre lors de la rencontre à Piaraçu, Mato Grosso.

Les représentants kayapó
Deux cents représentants de 19 des 21 communautés mebegokre (Kayapó) se
sont rencontrés durant cinq jours, du 28 mars au 1er avril, dans le
village de Piaraçu. Le thème majeur des discussions concernait le
projet du gouvernement brésilien de construction du barrage de Belo
Monte ainsi que quatre autres barrages hydroélectriques sur le Xingu et
l'Iriri, son principal affluent.

Les participants à cette rencontre étaient unanimement opposés à la
construction de ces barrages, alléguant que ceux-ci auraient des effets
dévastateurs sur l'écosystème et que de vastes étendues du territoire
indigène seraient inondées. En introduction à leur prise de parole
plusieurs intervenants ont entonné leurs propres chants de guerre, et
ont annoncé que le gouvernement s'engagerait dans une guerre avec les
Kapayó s'il persistait dans son projet de construction du barrage de
Belo Monte. Ils ont également dénoncé le fait que Eletronorte et le
président Lula da Silva n'ont jamais présenté le projet dans son
intégralité, faisant remarquer que, lors des présentations publiques,
il était toujours uniquement question du barrage de Belo Monte alors
que le projet intégral comporte en tout cinq barrages gigantesques.

Les intervenants ont tous relevé le fait que Eletronorte et le
président Lula ne sont jamais venus rencontrer les communautés kayapó,
ni celles d'autres régions, pour expliquer leurs projets ouvertement et
en détail. Ils n'ont pas non plus ouvert aux Kayapó les discussions au
Congrès national. Eletronorte et le président violent ainsi la
législation nationale selon laquelle tout projet de développement
impliquant de potentiels dommages aux territoires indigènes doit être
examiné de concert avec les communautés concernées et que celles-ci
devraient avoir la possibilité d'en discuter au niveau du Congrès.



Outre leur ferme opposition aux barrages, les représentants des
communautés riveraines du Xingu ont mis en cause la pollution
croissante du fleuve, résultat des activités agricoles telles que la
culture intensive du soja ou l'élevage à proximité de ses affluents.
Ils ont exigé que l'État réglemente ces activités afin d'éviter la
destruction des écosystèmes riverains.

L'insécurité des limites des territoires que l'État a déjà légalement
reconnus en tant que réserves kapayó constituait le second thème
principal des discussions. En effet, les territoires attribués aux
Kapayó sont actuellement envahis à une fréquence inégalée et, selon les
témoignages de bon nombre de participants, la Fondation nationale de
l'Indien (FUNAI) ne traite pas la crise de manière efficace.

Les représentants des communautés ont exigé que les organes
responsables du gouvernement -Fondation nationale de l'Indien,
ministère de la Justice, police fédérale et police d'État – leur
donnent une réponse plus adaptée à la situation. Conjointement à cette
demande ils ont fait part des mesures qu'eux-mêmes prenaient pour
résoudre le problème. La plus importante à cet effet consiste en
l'instauration de postes de garde le long des limites des réserves
kayapó. Chaque communauté s'est portée responsable de la section de
frontière qui longe son territoire. Dans le but d'assumer cette
responsabilité, les communautés ont établi des postes de garde aux
points stratégiques tout au long de leurs frontières, assignant des
membres de la communauté à ces postes, en patrouille ou en garde. Selon
les intervenants, on compte désormais plus de 60 de ces postes, chacun
avec un responsable attitré.

Le troisième thème principal de cette rencontre était la promotion de
projets portant sur l'exploitation communautaire de produits
forestiers. Dans de tels projets, les activités productives et pérennes
s'efforcent de prendre la place des activités d'extraction non durables
présentées comme sources de revenus pour la communauté – comme par
exemple l'exploitation du bois ou l'extraction de l'or. Les communautés
sont doublement motivées car, d'une part, elles ont conscience qu'il
est important de protéger leur environnement naturel en ayant recours à
des formes durables de production, et d'autre part elles voient qu'il
est urgent de créer des points d'occupation et d'utilisation des
ressources forestières le long des frontières des réserves menacées par
les envahisseurs.

Les nouveaux postes de garde remplissent donc le double rôle de centres
d'exploitation des ressources forestières – comme par exemple la noix
du Brésil, à la fois sous sa forme naturelle et sous forme de produit
transformé puisque des pressoirs ont déjà été installés dans quatre
villages, ou encore le cupuaçu, la copaïba, la résine, le bacaba, le
cacao, le genipapo, le jaborandi et le miel (ce dernier étant soutenu
par un excellent projet de la Fondation nationale de l'Indien).
Plusieurs villages produisent également les récoltes courantes en
agriculture, telles que le riz, les haricots, le manioc et la banane,
pour les marchés régionaux. Grâce à ces activités, un mouvement général
s'est déployé, tournant le dos aux contrats avec les exploitants
brésiliens (miniers et forestiers) qui, dans les années 1980 et au
début des années 1990, ont joué un rôle prédominant dans l'économie
kapayó. Presque toutes les communautés kayapó s'en sont détournées ; il
ne reste plus que de rares exceptions impliquant des sous-groupes dans
quelques communautés.

Megaron Txukarramãe, l'organisateur de la rencontre, a déclaré : ‘Nous,
les Kapayó Mebegokre, sommes conscients que les problèmes qui menacent
la vie de nos communautés de la vallée du Xingu mettent également en
danger la vie des autres peuples, indigènes et brésiliens, qui vivent
aussi dans la vallée. La solution à ces problèmes – et donc, la réelle
protection de notre fleuve et de notre forêt – fait partie d'une lutte
commune, et c'est la même pour nous que pour tous les autres habitants
de la vallée.

‘Il y a dix-huit mois, à Piaraçu, pour décider d'un front commun contre
ces menaces nous avons déjà rencontré les peuples indigènes du haut,
moyen et bas-Xingu. Maintenant, pour faire suite aux conclusions
prometteuses de la rencontre de toutes nos communautés indigènes nous
passons à l'étape suivante de notre lutte : nous prenons contact avec
les organisations de colons nationaux brésiliens du bas-Xingu et de la
Transamazonienne pour créer une alliance regroupant tous les habitants
de la vallée du Xingu afin de sauver notre fleuve des barrages, de la
pollution, et de tout développement destructeur, et également pour
encourager les alternatives de productions reposant sur les compétences
productives des communautés locales qui ont recours aux ressources
durables.

‘Nous appelons tous les habitants de la vallée du Xingu à nous
rejoindre dans une manifestation d'envergure à Altamira pour protester
contre le barrage de Belo Monte et tous les autres que Eletronorte a
l'intention de construire dans la vallée et pour exiger la protection
et le développement de nos propres sources de production, de nos
cultures et de nos communautés'.

Colideer, Mato Grosso, Brésil, le 4 avril 2006


Les frais de transport et d'hébergement ont été pris en charge par
Conservation International, Wild Foundation, Moore Foundation et la
Funai (Fondation nationale de l'Indien).




Texte préparé par Terence Turner, Megaron Txukarramae et Luis Carlos Sampaio

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