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 Les Anasazis

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Nénakohe
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MessageSujet: Les Anasazis   Mer 18 Avr - 23:38

Les Anasazis sont des Amérindiens du Grand Sud-Ouest de l’Amérique du Nord. Ils étaient répartis en plusieurs groupes dans les États actuels du Colorado, de l’Utah, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Leur civilisation est remarquable pour plusieurs raisons. Elle a laissé de nombreux vestiges monumentaux et cultuels sur plusieurs sites, dont deux sont classés sur la liste du patrimoine mondial établie par l'UNESCO. Ensuite, les vestiges retrouvés par les archéologues témoignent d'une maîtrise des techniques de la céramique, du tissage et de l'irrigation. Enfin, les Anasazis savaient observer le soleil et dessinaient des symboles restés mystérieux dans le désert. Aujourd'hui, les descendants des Anasazis, les Zuñis et les Hopis de l’Arizona et du Nouveau-Mexique perpétuent leur culture.



On ignore, faute de textes anciens, par quel nom les Anasazis se désignaient eux-mêmes. Cette civilisation ayant disparu avant l'arrivée des Européens en Amérique, on utilise depuis les années 1950 le mot « Anasazi », signifiant « les anciens » ou « anciens ennemis » en langue Navajo pour désigner toute les cultures vivant dans les Pueblos. Quand le mot « Anasazi » a été proposé, la signification « ancien ennemi » n'était apparemment pas connue. Quant aux Pueblos historiques, leur nom vient de l'espagnol « village », car les conquistadores avaient été frappés par l'architecture de leurs communautés. Les Indiens Hopis utilisent le mot « Hisatsinom » signifiant simplement « anciens habitants » dans leur propre langue plutôt que celui d'Anasazi « anciens ennemis » en Navajo, jugé trop péjoratif pour désigner ses propres ancêtres. Enfin, il ne faut pas confondre la culture « Anasazi » et les cultures semblables qui ont vécu dans la même région : les Hohokams, les Mogollons et les Patayans, des peuples qui ont tous disparu avant le XVIe siècle.

On dispose de plusieurs types de sources pour reconstituer la civilisation des Anasazis :

Les récits traditionnels des pueblos amérindiens, qui se transmettent à l'oral depuis des générations. L'artisanat et les croyances des descendants des Anasazis permettent de formuler un certain nombre d'hypothèses sérieuses.
Les témoignages des conquistadores espagnols qui explorent la région à partir du XVIe siècle. La plus importante de ces expéditions est celle de Francisco Vásquez de Coronado qui était parti chercher la cité d'or de Cibola. Les chroniques et les lettres envoyées par les explorateurs sont une source précieuse d'informations, à condition de les prendre avec précaution. À la fin du XIXe siècle, le fermiers Charley Mason et les frères Wetherill découvrent les principaux sites anasazis.
Les fouilles archéologiques commencent vraiment avec le Suédois Gustav Nordenskjöld. Le climat aride de la région a permis la bonne conservation de milliers d'objets en fibres végétales (atlatl en bois, flèches en roseau, tissus en coton) ou animales (tendons, cuirs). De même, le milieu sec a préservé plusieurs squelettes qui ont été étudiés par les anthropologues et qui donnent des renseignements sur la santé, l'alimentation et la morphologie des Anasazis.

D'après les dernières théories formulées par les chercheurs, le peuplement du continent américain remonte à au moins 20 000 années. Les Paléoindiens se sont sédentarisés dans le Sud-Ouest de l'Amérique du Nord il y a environ 12 000 ans. Les préhistoriens ont exhumé les outils lithiques de cette population sur le célèbre site de Clovis. Elle chassait de grands animaux qui se sont éteints rapidement (mammouths…). Après la dernière glaciation (glaciation du Wisconsin), le climat est devenu plus chaud et sec. En Amérique centrale, les Olmèques pratiquaient la culture du maïs dès le IIe millénaire av. J.-C. Ils ont été par la suite supplantés par la civilisation de Teotihuacán alors que se succédaient, dans le reste du Mexique, les Zapotèques (Oaxaca) et enfin les Aztèques, contemporains de l'apogée de la culture anasazie. Avec l'arrivée des conquistadores espagnols au XVIe siècle, les cultures amérindiennes ont connu des mutations radicales. Les grands empires se sont éteints, alors que les Indiens pueblos avaient déjà remplacé les Anasazis.

L'histoire de ce peuple reste énigmatique, faute de sources écrites. Les travaux des archéologues permettent néanmoins d'entrevoir plusieurs phases chronologiques, dont les dates sont approximatives : la région du sud-ouest des États-Unis a d'abord été occupée par les peuples de la tradition Sohara (v. 5500 av. J.-C. – v. 400 ap. J.-C.). Les Anasazis succèdent au VIIIe siècle ap. J.-C. aux Basketmakers, les « vanniers », implantés dans ces territoires montagneux et semi-arides quelques temps avant l’ère chrétienne. La sédentarisation progressive de ces chasseurs-cueilleurs, liée au développement de l’agriculture, aboutit à l’émergence d’une nouvelle culture dite de Pueblo, en référence aux villages constitués de maisons en briques de terre que les Anasazis du Mesa Verde installent à l’abri des falaises des grands canyons d’une région accidentée et verdoyante située au cœur du désert du Colorado. Les débuts (période Pueblo I, de 700 à 900) sont caractérisés par de petites maisons isolées et par l'apparition de la culture du coton. Si la période Pueblo II (de 900 à 1100) marque un apogée qui se manifeste par un enrichissement des parures, Pueblo III (de 1100 à 1300) connaît un refoulement des divers Anasazis dans le seul Mesa Verde et le retour à un habitat troglodytique rudimentaire.

À partir de 1300, les Anasazis se réfugient dans la vallée du Río Grande et au centre de l'Arizona. On finit par perdre leur trace avant l'arrivée des Européens. Les causes de cet exode restent mystérieuses : un changement climatique a-t-il touché les récoltes ? L'environnement s'est-il soudainement dégradé (déforestation, manque de terres cultivables) ? La pression démographique est-elle devenue trop forte (surpopulation) ? Des problèmes d'ordre politique sont-ils apparus ? Des guerres ont-elles ruiné la région ? En l'absence de documents écrits et en l'état des connaissances actuelles, il est difficile de répondre à ces questions.

Les archéologues ont retrouvé des vestiges de cette culture dans quatre états américains : Arizona, Utah, Nouveau-Mexique et Colorado. Comme ces états se touchent par un coin, on désigne cette région sous le nom anglais de Four Corners (région des « Quatre Coins »). Si les paysages de ces contrées sont grandioses, les conditions naturelles rendent la vie difficile : l'aridité marque la plupart des espaces, qui prennent un aspect désertique (désert de Sonora) ou semi désertique. Les deux plus grands fleuves coulent du nord vers le sud et sont le Río Grande et le Colorado qui se jette dans le Golfe de Californie. Les arroyos sont des cours d'eau temporaires qui se remplissent au moindre orage. Cependant, les Anasazis savent utiliser les ressources naturelles et respecter l'équilibre de l'environnement. Ils cueillent par exemple les feuilles du yucca pour les tresser. Ils maîtrisent les techniques agricoles, l'irrigation et se sont adaptés aux contraintes du milieu. Les produits qu'ils ne trouvent pas sur place sont importés d'autres régions.

Ensuite, l'altitude est une autre contrainte. Les hivers sont froids et la neige peut recouvrir le sol. L'écart des températures entre l'hiver et l'été est important. À l'est, les Montagnes Rocheuses culminent à plus de 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer. L'aire de la culture anasazie s'étend sur de hauts plateaux (plateau du Colorado), parcourus par des fleuves qui coulent dans des vallées encaissées. Les habitants se sont surtout installés sur les mesa, terme espagnol signifiant « table », des plateaux rocheux balayés par les vents. La géologie de la région est assez complexe mais offre toutes sortes de matériaux depuis le grès jusqu'aux roches d'origine volcanique. La flore et la faune dépendent de la nature du sol, des précipitations et de l'altitude.

Les Anasazis ont laissé de nombreux pétroglyphes dans le désert américain sur des falaises en grès. Il s'agit de dessins plus ou moins stylisés, gravés dans la paroi des canyons. Certains de ces graffitis étaient peints directement sur la roche. Ils peuvent être isolés ou couvrir plusieurs mètres carrés. Les archéologues ne peuvent faire que des suppositions quant à leur signification :

Ces dessins figurent souvent des animaux et témoignent de l'importance de la chasse.
D'autres signes seraient des cartes rudimentaires indiquant des sources ou des villages.
La figuration de céréales représente une bonne récolte.
Certains motifs représentent une famille ou un groupe d'hommes. Scènes de danse.
Les spirales, dont certaines atteignent 75 centimètres de diamètre, évoquent le mouvement du soleil ou le temps qui passe. Elles appartiennent peut-être à une sorte de calendrier rituel. Pour les Pueblos d'aujourd'hui, elles symbolisent les migrations des tribus.
Plusieurs sites de pétroglyphes sont en relation avec les solstices d'été et d'hiver. Ceux de Hovenweep National Monument ou de la butte Fajada (le poignard du soleil) indiquent clairement ce moment de l'année. Les alignements de bâtiments du site archéologique de Chimney Rock prouvent que les Anasazis comprenaient et savaient prévoir le cycle draconitique de la Lune, qui dure 18,6 ans.

Les historiens ignorent s'il existait un clergé structuré. On sait que certains personnages recherchaient occasionnellement à provoquer des visions en prenant des plantes hallucinogènes. Des graines de datura ont été retrouvées à Mesa Verde : cette plante toxique provoque des hallucinations. Les cérémonies se pratiquaient sur des autels, dont on a conservé quelques exemplaires en bois peint. Les fouilles ont aussi collecté des bâtons de prière en bois qui étaient offerts aux « esprits ». Le Chaco Canyon semble pour certains historiens, avoir été un grand centre de pèlerinage pour les populations des alentours.


Kiva anasazie, Bandelier National Park, Nouveau-MexiqueLes anciens Anasazis rendaient un culte au dieu Kokopelli ainsi qu'aux kachinas, des esprits invisibles. Il existait des cérémonies collectives destinées à invoquer les esprits afin qu'ils protègent la communauté. Elles étaient organisées dans les kivas. La religion des Anasazis se rapprochaient de l'animisme : on a retrouvé les ossements d'un perroquet ara enterré de façon rituelle à Salmon Ruin dans le Nouveau-Mexique.

Les kivas étaient des chambres rituelles circulaires creusées dans le sol et recouvertes d'un toit ; édifice en partie souterrain, on y descendait par une petite échelle pour pratiquer le culte ou réunir le conseil du village. Un foyer était aménagé au centre et la fumée s'échappait par un conduit de ventilation, doté d'un déflecteur. Les plus grandes pouvaient accueillir plusieurs centaines de personnes qui pouvaient s'asseoir sur des banquettes en pierre. Les grandes kivas de Chaco Canyon avaient un diamètre de 18 mètres et étaient subdivisées en fonction des points cardinaux. Des fêtes religieuses liées aux cycles agricoles devaient être célébrées dans ces kivas, exclusivement par les hommes.
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