Les fées de la mer et les marins
Il était une fois un navire qui partit de Saint-Malo pour aller à Marseille. Quand il arriva au port, les matelots mouillèrent l’ancre… Aussitôt, sans qu’on vît personne, l’ancre fut rejetée de l’eau et envoyée dans la mâture où elle resta accrochée.
Les matelots restèrent ébahis devant une chose si surprenante, puis ils montèrent dans la mâture pour récupérer leur ancre qu’ils mouillèrent une seconde fois. Elle mordit le fond et ne bougea pas. Alors se fit entendre une voix qui disait :
- C’est bien heureux pour vous, marins, que votre ancre ne soit pas tombée sur moi encore cette fois-ci ! Car vous seriez tous morts ! Je suis une fée de la mer et c’est moi qui ai jeté votre ancre dans le haut de la mâture parce qu’elle était tombée sur mon dos.
En entendant cela, les matelots s’écrièrent tous ensemble :
- Fée de la mer, montrez-vous que nous vous voyions…
A ces mots, elle vint à la surface et se tint à flot pendant que les matelots lui demandaient pardon. Elle leur dit :
- Dans quelque port que vous vous trouviez, avant de mouiller l’ancre criez : « Fées de la mer, êtes-vous là ? » car si elle venait à tomber sur une seule fée de la mer, vous seriez tous perdus.
La fée jeta ensuite à bord du navire un petit poisson doré et elle dit au capitaine :
- Ne le laisse pas manquer d’eau ! Si tu t’en occupes bien, quand tu voudras quelque chose, tu n’auras qu’à le lui demander et voici de quelle manière :
Par la vertu de Basquienne
Des fées de mer la reine
Mon petit poisson doré
Apporte-moi tout ce que je demanderai.
Le capitaine et ses matelots remercièrent Basquienne, reine des fées de la mer, qui replongea sous les flots.
L’équipage fit le chargement du navire et mirent voile pour Londres. Quand le capitaine arriva dans le port de Londres, il dit au poisson :
- Par la vertu de Basquienne, Des fées de mer la reine, Mon petit poisson doré, Apporte-moi tout ce que je demanderai.
Puis il fit sa demande :
- Je désire qu’avec le chargement que j’ai, que ma fortune et celle de mes matelots soient faites !
Il vendit si bien ses marchandises qu’en ce seul voyage, il gagna assez d’argent pour se retirer du commerce et vivre à terre comme les plus riches bourgeois. Il garda le petit poisson doré et vécut heureux avec sa femme et ses enfants. L’équipage, lui aussi, avait fait fortune et ils vécurent tous heureux de même que les novices et le mousse !